Salle de bain

Rangement maquillage : trier par durée de vie plutôt que par catégorie

Un mascara meurt en trois mois, une palette tient deux ans. Ranger son maquillage par durée de vie plutôt que par famille de produits change tout : quoi mettre devant, quoi sortir de la salle de bain, et quoi jeter sans hésiter.

Trousse de maquillage organisée à plat, produits triés par catégorie sur un fond clair

Un mascara et une palette n’ont rien à faire dans la même boîte

Presque tous les conseils de rangement maquillage commencent par le contenant. Une boîte acrylique à tiroirs, un plateau tournant, un organisateur compartimenté, et le problème serait réglé. Il ne l’est jamais très longtemps, parce que le tri se fait ensuite par famille de produits : les yeux d’un côté, les lèvres de l’autre, le teint en dessous.

C’est logique sur le papier et inefficace dans une salle de bain. Un mascara est bon trois mois. Une palette d’ombres à paupières tient deux ans sans broncher. Les ranger côte à côte revient à mettre du poisson frais et des conserves sur la même étagère. La vraie ligne de partage, c’est la vitesse à laquelle chaque produit meurt, et personne ne range comme ça.

Le petit pot ouvert imprimé au dos, personne ne le lit

Retournez n’importe quel tube de fond de teint. Il y a un pictogramme de pot ouvert avec un chiffre à l’intérieur, 6M, 12M, parfois 24M. C’est le nombre de mois pendant lesquels le produit reste bon une fois ouvert, pas une date de péremption au sens où on l’entend d’habitude. Un flacon jamais ouvert reste intact trois ans. Le même flacon ouvert l’été dernier, non.

Les ordres de grandeur décident du rangement. Le mascara et l’eye-liner liquide, trois mois, sans discussion : on approche la brosse d’une muqueuse à chaque application et l’humidité du tube fait le reste. Un fond de teint liquide, six mois à un an. Un rouge à lèvres crémeux, un à deux ans. Les poudres, fards et blush tiennent facilement deux ans, parce qu’il n’y a pas d’eau dedans pour nourrir quoi que ce soit.

Ma méthode, depuis que j’ai renoncé au calcul mental devant le miroir à sept heures du matin : j’écris au marqueur fin, sur le tube, non pas la date d’ouverture mais le mois où il faut le jeter. Aucune soustraction à faire. C’est la discipline qui rend aussi une armoire à pharmacie utilisable en cas d’urgence, et elle coûte trois secondes par produit.

La salle de bain abîme ce qu’on y range, et c’est souvent la seule pièce disponible

Autant le dire franchement : la salle de bain est le pire endroit de la maison pour stocker du maquillage. Une douche chaude fait grimper l’humidité et la température plusieurs fois par jour, et les émulsions n’aiment ni l’une ni l’autre. Un fond de teint qui se sépare en deux couches, une crème teintée qui devient granuleuse, un rouge à lèvres qui transpire : ce ne sont pas des produits ratés, ce sont des produits mal logés.

Le conseil habituel, tout déménager dans la chambre, ne tient pas debout pour la plupart des gens : on se maquille devant le miroir du lavabo, avec la lumière du lavabo. Donc on compose. Un tiroir fermé, le plus bas et le plus loin possible de la douche, encaisse beaucoup mieux qu’une étagère ouverte au-dessus de la vasque, où la vapeur monte en ligne droite. La logique de compartiments décrite pour le rangement d’un tiroir de salle de bain s’applique ici telle quelle.

Ce qui ne se négocie pas : rien dans la zone de projection de la douche, rien sur le rebord de la baignoire. Quand la pièce est minuscule, le rangement maquillage entre dans les mêmes arbitrages que ceux d’une petite salle de bain qui doit rester nette.

La trousse du quotidien contre la collection

Comptez ce que vous utilisez vraiment un matin ordinaire. Chez la plupart des gens, on tombe entre huit et douze produits, souvent les mêmes toute l’année. Le reste, parfois cinquante ou soixante références, c’est une collection. Deux usages différents, deux rangements différents.

La trousse du quotidien mérite le meilleur emplacement : un plateau plat ou une petite trousse souple qu’on sort d’un geste, qu’on pose près du lavabo le temps de se préparer, et qu’on range ensuite. La collection, elle, n’a aucune raison d’occuper la place la plus accessible de la pièce. Une boîte fermée, à l’abri de la lumière, dans un placard de couloir ou au fond du meuble vasque. Les recharges et les produits encore scellés suivent le même chemin que le reste du stock, là où le meuble sous vasque sert enfin à quelque chose.

Les pinceaux debout, poils vers le haut

Un pinceau couché dans un tiroir finit par prendre la forme du tiroir. Les poils s’écrasent d’un côté, la touffe s’évase, et un pinceau évasé ne dépose plus le produit au bon endroit. Debout dans un pot, poils en l’air, il garde sa forme des années.

Le problème du pot posé sur le lavabo, c’est qu’il collecte la poussière et l’humidité en permanence, sur des poils qu’on applique ensuite sur le visage. Un pot avec couvercle, ou un tiroir avec un support qui maintient les manches à la verticale, règle les deux à la fois. Et si vous rangez des pinceaux tout juste lavés, laissez-les sécher tête en bas quelques heures avant de les remettre debout, sinon l’eau descend dans la virole et décolle la colle.

Le gobelet à côté du robinet

C’est le rangement le plus photographié et l’un des moins bons : ouvert, à côté du point d’eau, souvent rempli de billes décoratives impossibles à nettoyer. Si vous y tenez, gardez-y trois pinceaux du quotidien, pas davantage.

Les palettes se rangent debout, comme des livres

Empilées à plat, les palettes s’utilisent par le haut et jamais par le bas. Celle du dessous disparaît pour de bon, et vous rachèterez un jour un fard qui existe déjà dedans. Rangées sur la tranche, séparées par un simple séparateur d’étagère ou glissées dans une boîte à photos, elles se lisent comme des livres : on repère la bonne du bout du doigt sans démonter la pile.

Bénéfice moins évident : une pile de palettes qui tombe, ça arrive, et les fards pressés se fissurent à l’impact. Debout et calées, elles ne tombent pas.

Le tri qui fait vraiment de la place

Ne comptez pas ce que vous possédez, comptez ce que vous avez utilisé. Sortez tout sur une serviette, et mettez de côté chaque produit touché au moins une fois ces trois derniers mois. C’est presque toujours un petit tas, et le reste occupe l’essentiel de la place.

Ce qui part sans état d’âme

Tout mascara et tout eye-liner liquide ouverts depuis plus de trois mois, sans les sentir, sans les tester, sans se demander s’ils sont encore bons. Ensuite, tout ce qui a changé d’odeur, de texture ou de couleur. Une poudre qui a durci en surface, un rouge à lèvres qui sent la cire de bougie, une crème teintée qui a viré : c’est fini. Le reste se garde, et se range par durée de vie plutôt que par famille, ce qui met naturellement les produits fragiles devant.

Un mot sur la culpabilité, parce qu’elle bloque tout : le fard à quarante euros jamais porté est une dépense déjà faite. Le garder trois ans de plus ne rembourse rien. Donnez-le s’il est propre et récent, jetez-le sinon.

Ce que je ferais ce week-end

Une heure suffit. Tout sortir, retourner chaque produit pour lire le pictogramme, écrire le mois d’expiration sur ceux qui ont moins d’un an devant eux. Faire le tri des trois derniers mois. Poser la trousse du quotidien dans un tiroir bas et fermé, la collection dans une boîte opaque ailleurs. Pinceaux debout, palettes sur la tranche.

Ce qui change n’est pas l’aspect du meuble. C’est qu’on cesse de chercher, qu’on cesse de racheter en double, et qu’on arrête de se maquiller avec des produits morts depuis un an sans le savoir.

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