Salon

Bibliothèque de salon : le meuble mixte qui range bien plus que des livres

Bibliothèque de salon mêlant livres et objets déco sur des étagères en bois

La bibliothèque du salon, c’est presque toujours la même histoire. On l’achète pour ranger des livres, et six mois plus tard elle croule sous les jeux de société, les télécommandes égarées, les photos encadrées qu’on ne sait pas où mettre ailleurs et deux ou trois plantes qui ont fini là faute de mieux. Ce n’est pas un problème en soi, c’est même la fonction normale d’un meuble de salon. Le problème, c’est de continuer à la traiter comme un simple porte-livres qui déborde au lieu de l’organiser en conséquence.

Le tri par couleur, ça marche sur Pinterest, pas chez vous

Je vais être direct : le rainbow bookshelf, cette bibliothèque triée par dégradé de couleurs, est magnifique en photo et franchement inutilisable au quotidien passé une dizaine de livres. Vous cherchez un roman précis un samedi soir, vous savez que sa couverture est bleu marine, et vous vous retrouvez à scanner toute l’étagère bleue parce que vous ne vous souvenez plus si c’était le bleu foncé de la gauche ou celui de la droite. Sur dix livres, ça passe. Sur cent cinquante, c’est une perte de temps organisée.

Le tri par genre a un vrai avantage : il correspond à la façon dont on pense réellement à un livre au moment de le chercher. « Le polar que j’ai commencé » ou « les livres de cuisine » sont des catégories qu’on a déjà en tête, contrairement à « le livre à couverture verte ». Le tri par hauteur, lui, est surtout esthétique et n’a d’intérêt que sur une étagère très visible où vous voulez un effet rangé sans façade. Il peut cohabiter avec un tri par genre à l’intérieur de chaque groupe, mais seul, il ne résout rien niveau repérage.

Mon avis là-dessus est tranché : gardez la couleur pour un petit meuble d’appoint ou une étagère purement décorative avec vingt livres maximum. Pour une vraie bibliothèque de salon utilisée au quotidien, le genre ou l’auteur reste imbattable.

La règle des trois ans pour arrêter de garder des livres qu’on ne relira jamais

Posez-vous une question simple pour chaque rangée : ce livre, je l’ai lu il y a plus de trois ans et je ne l’ai pas rouvert depuis. Si la réponse est oui, il y a de fortes chances que vous ne le relisiez jamais. On garde des livres par culpabilité ou par nostalgie, rarement parce qu’on va vraiment les relire. Trois ans est un délai assez long pour ne pas se priver d’un livre qu’on avait juste envie de laisser reposer, mais assez court pour rester honnête avec soi-même.

Ça ne veut pas dire jeter. La bibliothèque municipale accepte souvent les dons de livres en bon état, et une boîte à livres de quartier fait très bien l’affaire pour donner une seconde vie immédiate à un roman. C’est aussi une bonne raison de ne pas racheter systématiquement un livre qu’on veut lire une fois : l’emprunter en bibliothèque évite d’accumuler des ouvrages qui ne serviront qu’une fois puis resteront là dix ans par inertie.

Le ratio 60/40, pour éviter le mur de spines ou la vitrine à bibelots

Une bibliothèque remplie à 100% de livres, dos serrés les uns contre les autres du sol au plafond, ressemble à un rayon de médiathèque, pas à un meuble de salon. À l’inverse, une bibliothèque où les livres ne servent plus que de socle à des bibelots devient une vitrine décorative qui perd sa fonction première. J’ai vu les deux extrêmes chez des proches et aucun des deux ne fonctionne bien dans la durée.

Le ratio qui donne le meilleur résultat, visuel et pratique, tourne autour de 60% de livres et 40% pour le reste : cadres, jeux de société, objets déco, une ou deux plantes retombantes qui cassent les lignes droites. Ce n’est pas une science exacte, mais viser environ deux tiers de livres et un tiers d’autre chose évite les deux pièges. Concrètement, sur cinq étagères, comptez que deux ou trois soient majoritairement des livres, et que les autres mélangent objets et piles horizontales pour respirer un peu.

Comment répartir sans que ça fasse fouillis

  • Alternez rangées verticales serrées de livres et piles horizontales surmontées d’un objet, cela casse la monotonie sans demander d’effort particulier.
  • Groupez les objets déco par deux ou trois plutôt que de les disperser un par un sur chaque étagère.
  • Laissez un peu de vide, littéralement rien, sur au moins une étagère. L’œil a besoin de pause visuelle.

Les paniers fermés sur l’étagère du bas, pour le fourre-tout

Il y a toujours une catégorie d’objets qui n’a pas de maison ailleurs dans le salon : les télécommandes qui se multiplient, les jeux de société aux boîtes de tailles différentes, les câbles de rechange, les cartes à jouer, parfois même les factures pas encore classées. Plutôt que de laisser ça traîner visible sur une étagère du milieu, réservez l’étagère du bas de la bibliothèque à deux ou trois paniers fermés, en tissu ou en osier selon le style de la pièce. Si le désordre de câbles vient surtout de la télé, autant organiser le meuble TV et ses fils directement à la source.

L’étagère du bas est le bon choix pour deux raisons pratiques : elle est à hauteur de main pour attraper la télécommande sans se pencher, et elle supporte le poids sans problème, contrairement aux étagères hautes qui plient sous une pile de jeux de société. Le panier fermé, lui, cache le désordre réel sans qu’on ait besoin de le trier tous les jours. On y jette ce qui traîne le soir, et l’œil ne voit qu’un panier propre, pas un tas de télécommandes dépareillées.

Et si une vraie bibliothèque n’était pas nécessaire ?

Tout le monde n’a pas besoin d’un meuble bibliothèque complet. Si vous possédez une trentaine de livres, deux étagères murales suffisent largement et libèrent de l’espace au sol dans un salon déjà chargé. Le meuble bibliothèque classique, avec ses six ou huit étagères et son mètre quatre-vingts de haut, prend son sens à partir d’une centaine de livres, ou quand vous voulez justement ce mélange livres et objets décrit plus haut, réparti sur plusieurs niveaux.

Avant d’acheter un meuble, comptez vraiment vos livres. Beaucoup de gens surestiment leur collection parce qu’elle est éparpillée dans trois pièces différentes, et se retrouvent avec une bibliothèque à moitié vide qu’ils remplissent ensuite de bibelots achetés uniquement pour combler les trous. Deux ou trois étagères murales bien placées, à hauteur de canapé ou au-dessus d’un bureau, rendent souvent plus service qu’un meuble imposant qui mange un pan de mur entier pour un usage réel limité. C’est aussi l’occasion d’installer un coin bureau discret et rangé si le salon fait aussi office d’espace de travail.

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